Observatoire Education et Territoires

Le groupe de recherche pluridisciplinaire (sciences de l’éducation, sociologie et géographie essentiellement), qui a fondé l’Observatoire de l’école rurale (OER) en 1999, a été créé à Digne-les-bains en 1997 par quelques chercheurs et / ou formateurs (Yves Alpe, Pierre Champollion, Renée-Claude Fromajoux et Jean-Louis Poirey, notamment) de quatre IUFM (Aix-Marseille, Franche-Comté, Grenoble et Lyon), auxquels s’est rapidement joint l’IUFM de Clermont-Ferrand (René Dupuy), pour étudier les spécificités et, plus généralement, les caractéristiques y compris contextuelles de la scolarisation en milieux ruraux et montagnards (organisation des écoles et des classes, outils didactiques, stratégies d’enseignement et d’apprentissage, représentations, comportements et performances des élèves, participation à l’école des parents, des élus et des associations, insertion de l’école dans son territoire, etc.). Ce groupe de recherche, qui s’est rapidement élargi à d’autres chercheurs et / ou formateurs (voir équipe de recherche) dans chacun des IUFM participant, ainsi qu’à d’autres disciplines (sciences de l’information et de la communication avec Cyril Masselot et Anne Piponnier, psychologie avec Michel Floro et Jean-Pierre Levain, entre autres) a bénéficié à ses débuts d’un soutien scientifique et méthodologique régulier de la part du Centre MTI@SHS (Méthodologie et technologies de l’information appliquées aux sciences de l’homme et de la société) de l’Université de Franche-Comté dirigé par Jean-Jacques Girardot (économiste) et, plus occasionnellement, du CERMOSEM ardéchois (Centre d’études et de recherches sur les montagnes sèches et méditerranéennes – Université Joseph Fourier de Grenoble) sous la responsabilité d’Hervé Gumuchian (géographe) et du laboratoire bisontin ThéMA (Théoriser et Modéliser pour Aménager) dirigé par Serge Ormaux (géographe). Il a en outre collaboré régulièrement avec les partenaires universitaires, scolaires et associatifs européens rassemblés dans le cadre du REIT (Réseau européen d’intelligence territoriale) avant 2006, puis de la CAENTI (Coordination Action of European Network of Territorial Intelligence) de 2006 à 2009, ainsi que 2000 à 2003 avec les établissements scolaires secondaires et universitaires formateurs d’enseignants autrichiens, danois, espagnols, irlandais, italiens et portugais partenaires du projet européen Comenius Extra Muros 3.1 et du cours de formation continue éponyme 3.2, qui a été enseigné en Campanie italienne, pilotés par l’IUFM de l’académie de Grenoble sous la responsabilité de Pierre Champollion. Il a enfin bénéficié du soutien actif, plusieurs fois renouvelé, des collectivités territoriales (conseils généraux, aujourd’hui départementaux, des Alpes de haute Provence, de l’Ardèche et de la Drôme, notamment, ainsi que du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur) sur les territoires desquelles se sont déroulées une partie des recherches qu’il conduisait.

Les questionnements initiaux de l’OER, qui étaient principalement centrés sur l’étude des contextes territoriaux,  mais aussi institutionnels, socioculturels, familiaux, etc. dans lesquels les écoles et les établissements scolaires enquêtés s’inscrivaient, visaient prioritairement à mieux connaître la scolarité, l’apprentissage et l’orientation des élèves des écoles et des collèges ruraux et montagnards, ainsi que l’enseignement qui leur étaient dispensé. Appuyés, notamment, sur deux suivis longitudinaux du CM2 à la 2nde de panels d’élèves ruraux et montagnards issus  des mêmes écoles du sud-est de la France interrogés, ainsi que leurs parents et leurs enseignants, à plusieurs reprises au cours de leur scolarité (le premier suivi a été réalisé sur six départements de 1999-2000 à 2004-2005, le second  qui a été entamé depuis 2011-2012 est en toute fin de saisie sur trois départements dans le cadre de l’OET – voir un peu plus bas), les chercheurs de l’OER-OET ont pu effectuer des analyses, des comparaisons et des mises en perspectives organisées selon trois axes majeurs :

  • Les disparités socio-spatiales de la réussite et de l’échec scolaires, des aspirations, des attentes, des souhaits, des projets et des choix d’orientation, ainsi que des trajectoires scolaires entamées à partir de ces choix préparés au collège et effectués en fin de 3ème et de 2nde.
  • Les spécificités des différents milieux ruraux et montagnards en termes d’éducation, d’orientation et, plus généralement, de trajectoire, de scolarisation, d’organisation et de densité scolaire, de transports scolaires, d’offres de formation, d’offres culturelle, d’enclavement géographique, d’isolement social et de représentations sociales des territoires et des écoles.
  • Les impacts des diverses dimensions contextuelles des territoires, spatiales, vécues, institutionnelles, sociales, politiques, économiques, y compris les dimensions rêvées ou symboliques (aussi bien revendiquées qu’intériorisés) correspondant aux différents types de territorialité, sur les questions pédagogiques et didactiques (d’apprentissage et d’enseignement), sur les questions d’orientation, d’affectation et d’insertion, bref sur toutes les questions éducatives, comme sur les « formes » scolaires développées, sur les questions administratives et sur les politiques éducatives (inégalités éducatives, éloignement-proximité, richesse et densité de l’offre de formation, carte scolaire, équipements scolaires, transports scolaires, etc.).

Ces trois grands axes de recherche, qui portent en germe un regard plus vaste abordant tous les types de territoires, urbains également donc, ont abouti dès 2009 à la mise en route d’un questionnement plus large relatif à la problématique « éducation, territoires et territorialités » en général, au-delà donc de la seule école rurale et montagnarde. En 2009, l’OER s’est donc officiellement transformé en Observatoire éducation et territoires (OET) pour bien marquer l’élargissement de ses perspectives de recherche à de nouveaux terrains d’investigation [territorialités et territoires urbains, y compris « urbains sensibles » qui regroupent la majorité – mais non l’exclusivité – des Réseaux d’éducation prioritaire (REP)], en Ardèche et en Drôme par exemple, ainsi que sur Marseille par l’intermédiaire de son partenaire OQSM – voir la rubrique « Observatoires partenaires » – qui cherche à appréhender les caractéristiques des quartiers sud de la cité phocéenne au travers d’une démarche coopérative relevant de l' »intelligence territoriale ») et à de nouvelles problématiques de recherche liées au territoire. Celles, notamment, de l' »intelligence territoriale » (IT), avec les articles d’Alain Legardez et Pierre Champollion en 2008, puis de Michel Floro et Pierre Champollion en 2016, qui cherchent à cerner la mise en œuvre de la démarche d’IT dans l’EN (voir rubrique la « Publications »), et enfin de Catherine Rothenburger et Pierre Champollion en 2018 donc (voir également la « rubrique « Publications »), qui essaient de définir les notions non encore pleinement stabilisées de « village éducateur » et de « territoire apprenant », de l' »éducation au développement durable » – EDD – au travers, notamment, de la participation des chercheurs de l’OET à l’ANR « Education au développement durable : atouts et obstacles » coordonnée par Jean-Marc Lange à la fin des années 2000 – voir entre beaucoup d’autres l’article d’Angela Barthes et de Pierre Champollion publié en 2012 (voir rubrique « Publications » encore) – et de l’éducation au patrimoine depuis sous l’impulsion notamment d’Angela Barthes, de Sylviane Blanc-Maximin et de Serge Da Silva, de la territorialisation potentielle de l’identité professionnelle des enseignants exerçant en milieux ruraux et montagnards via – voir toujours la rubrique « Publications » – la thèse de Catherine Rothenburger sur la question soutenue en 2014, en particulier, ainsi que ses publications. L’OET s’est aussi de plus en plus investi dans les questions plus spécifiquement pédagogiques, notamment dans les gestes professionnels spécifiques des enseignants ruraux et montagnards (voir la thèse de Daniel Lallaï soutenue en 2016) et dans l’analyse des pratiques d’enseignement-apprentissage développés dans les territoires ruraux et montagnards (voir, dans les enquêtes de nos partenaires, les résultats de la recherche internationale pilotée par l’université de Barcelone I+D+I – Champollion & Floro, 2013), ainsi que dans la différenciation par genre des différents impacts territoriaux repérés, « effets de territoire » compris (voir, notamment, les récentes thèses de Thierry May-Carle et de Boris Meunier sur la question dans la rubrique « Publications », ainsi que le dossier en ligne éponyme complémentaire de l’ouvrage « Ecole rurale et réussite scolaire » coordonné en 2016 par Yves Alpe, Angela Barthes et Pierre Champollion sur le site de Canopé).

L’OET, au fil de ses recherches, a pu nouer de nombreux partenariats scientifiques réguliers avec différents laboratoires et équipes effectuant des recherches sur des champs comparables et/ou complémentaires français [ADEF, où travaillent de nombreux membres de l’équipe, Yves Alpe, Angela Barthes, Anne Chiardola, Serge Da Silva, Jean-Luc Fauguet, Michel Floro, Thomas Floro, Daniel Lallaï, Alain Legardez, Sylviane Maximin, Thierry May-Carle, Noémie Olympio, etc.; ECP, où travaillent Pierre Champollion, Catherine Rothenburger et Sylvie Jouan, etc.; ESO, où travaillent Patrice Caro, Agnès Checcaglini, Rémi Rouault, etc.; LISA, où travaillent Bruno Garnier et Christelle Mazière, etc.; IRD, notamment. Voir leurs adresses mails respectives dans l’onglet « Bibliographie », sous-onglet « Sitographie »] et étrangers [départements recherche des universités de Barcelona, de Saragoza, de Girona, de Granada, de Lisboa, de Lleida, de Torino, de Vic, Groupe interuniversitaire de l’école rurale (GIER) catalan, Fondation Gargallo de Saragoza, Fondation du monde rural catalane, etc.] avec qui il a développé de nombreux projets de recherche (voir onglet « Vie de l’OET », sous-onglet « Projets », et onglet « Recherches », sous-onglet « Recherches partenariales »). En son sein – et en s’appuyant entre autres sur ses travaux scientifiques originaux – ont déjà été acquises de nombreuses qualifications universitaires (masters1, masters2, huit thèses de doctorat – PhD – et trois habilitations à diriger des recherches – HDR – voir la rubrique « Publications », sous-rubrique « Diplômes acquis dans le cadre de l’OER-OET »). D’autres thèses – notamment – sont actuellement en cours d’élaboration, de rédaction et / ou d’acquisition (voir également sous-rubrique « Diplômes »).

Les différents membres de l’Observatoire, sur une vingtaine d’années, ont communiqué dans de très nombreux colloques et congrès scientifiques internationaux, tant français qu’étrangers, de sciences de l’éducation bien sûr, mais aussi de sociologie, de géographie, de psychologie, de sciences de l’information et de la communication, etc., et évidemment pluridisciplinaires. Ils ont également publié de très nombreux articles scientifiques dans des revues internationales françaises et étrangères (voir la rubrique « Publications »), ainsi que produit nombre d’ouvrages scientifiques (idem) comme de vulgarisation à destination soit de publics ciblés type enseignants, élus, acteurs éducatifs (idem) soit plus largement du grand public (idem), et ont commis de nombreuses expertises sur cette thématique. Ils sont également tout récemment intervenus  à l’université d’été organisé sur la thématique « territoire et justice à l’école » par le CNESCO fin août 2017. Ils ont dans la foulée de cette intervention contribué fortement au rapport scientifique dudit CNESCO sur les inégalités territoriales d’éducation et d’orientation qui doit paraître à l’automne 2018 (Patrice Caro et Pierre Champollion). Des compléments à ces premières contributions, notamment dans le cadre d’un futur avenant au contrat initial, sont en ce moment à l’étude entre le CNESCO et ESO-Caen. L’un d’entre eux devrait analyser de façon comparative, à douze ans d’écart, les données des enquêtes 3ème du 1er suivi longitudinal OER – 2004 – et du 2nd suivi suivi longitudinal OET – 2016 – ces dernières tout récemment saisies… Ils ont aussi, par le passé, co-organisé deux colloques scientifiques internationaux à Digne en 2007 et 2010 sur toutes les questions liées à la thématique « éducations, territorialités et territoires ». Ils ont pris part à des réseaux thématiques de recherche (RéUniFEDD – voir sitographie – réseau dédié à l’éducation au développement durable, qui est actuellement présidé par un membre « historique » de l’OET, Alain Legardez). Ils ont participé à l’organisation des Journées annuelles successives de rencontre acteurs-chercheurs  de Digne sur la thématique « EDD et territoire » (JEDD). Ils ont bien  sûr alimenté autant que faire s’est pu – c’est-à-dire trop peu! – par leurs résultats scientifiques les cursus de formation professionnelle des institutions universitaires de formation des enseignants (IUFM, puis ESPE).

Ils ont enfin assuré, par la tenue de très nombreuses conférences, l’animation de très nombreux débats, discussions et tables-rondes, et par la réalisation de nombreuses interviews (Fenêtres sur cours, la Gazette des communes, le journal du MRJC, la Lettre de l’éducation, le Monde, le Figaro, le Pèlerin, Libération, etc.) notamment, ainsi que par la rédaction de très nombreux articles de vulgarisation, plus quelques rapports de recherche, la diffusion et la dissémination des principaux résultats scientifiques obtenus dans le cadre de leurs recherches auprès des instances hiérarchiques déconcentrées (IEN, IA-DSDEN, Rectorats) et nationales (cabinets ministériels, DGESCO, DEPP, IGEN-IGAEN, etc.) de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur, des territoires de cohésion éducatifs territoriaux (bassins de formation et secteurs des Centres d’information et d’orientation) et de « leurs » établissements (lycées, collèges), des organismes nationaux d’évaluation (CNESCO), de documentation enseignante (CANOPE) et de formation des enseignants (CD-ESPE), de la Représentation nationale (Sénat), des services de l’Etat (CGET ex-DATAR), des différentes collectivités territoriales (mairies, intercommunalités, conseils généraux – aujourd’hui conseils départementaux – et régionaux), des associations de parents d’élèves (FCPE), d’élus (AMRF, ANEM), des associations de promotion de l’école rurale et montagnarde (FNER, MRJC, Montagne rebelle ariégeoise) et du développement territorial local (FFEM, Val d’Aoste, OPTIMA, GRETA), des associations professionnelles éducatives (ACOPF, ANCP, etc.) et péri-éducatives (Francas, Ligue de l’enseignement, etc.), des réseaux d’écoles et de collèges aussi bien affinitaires qu’institutionnels (réseaux Plum’ Petits, réseau d’écoles rurales Vienne-Gartempe, réseau institutionnel des petits collèges granitiques auvergnats proches de la Chaise-Dieu, réseau buissonnier du Vercors, etc.), des syndicats d’enseignants (FSU, SNES, SNU-IPP, syndicat enseignant catalan) et agricoles (FNSEA), des associations de développement territorial durable (OQSM, Mission agrobiosciences toulousaine, Controverses européennes de Marciac, Géoparc de Digne-les-bains, Montagne rebelle de la haute Ariège, etc.), des ESPE ex-IUFM (Aix-Marseille, Besançon, Caen, Clermont-Ferrand, Corse, Grenoble, Lyon, Montpellier, Nice) et, plus largement, des universités françaises (Aix-Marseille, Besançon, Caen, Clermont-Ferrand, Corse, Alpes-Grenoble, Limoges, Lyon1, Lyon2, Montpellier, Nice, Saint-Etienne, Toulouse – ENFA, Supagro-Florac, Rouen) et étrangères (universités de Alba Iulia, Barcelona, Granada, Huelva, Lisboa, Lleida, Liège, Milano, Pècs, Salerno, Saragoza, Torino), des grandes écoles (Sciences Politiques Paris), ainsi que des écoles professionnelles supérieures étrangères (HEP Bejune en Suisse, Centre de formation des maîtres du Val d’Aoste), notamment. Ils ont pris part à des émissions télévisuelles – Les Maternelles en l’occurrence – sur la thématique de l’illustration, de la défense et du développement durable – au sens premier du terme aussi! – de l’école rurale et montagnarde française (Yves Alpe et Pierre Champollion).

                            OET

 

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